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Parabens, phénoxyéthanol, triclosan… Autant d’ingrédients souvent pointés du doigt en cosmétique. A tort ou à raison ? Les réponses des spécialistes.

Que leur reproche-t-on ?

On pourrait les comparer aux antibiotiques. « On leur demande de tuer les mauvais germes, ils ont donc des effets secondaires potentiels, comme tout biocide ou médicament », explique le Dr Pirnay. Certains sont potentiellement irritants ou allergisants (MIT, DMDM, acide benzoïque…), tandis que d’autres sont suspectés d’être reprotoxiques, perturbateurs endocriniens ou cancérigènes. Mais « l’état des connaissances évolue, et on réévalue les seuils le cas échéant », admet le toxicologue. Le problème : nombre d’études se contredisent sur leurs risques. Dès lors que l’un d’entre eux est incriminé, des études approfondies sont réalisées par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), le SCCS (Scientific Committee on Consumer Safety), rattaché aux instances européennes, ou menées dans le cadre du règlement européen Reach. Si celles-ci confirment les suspicions, la molécule est retirée de la liste autorisée ou son utilisation est limitée. C’est le cas des MIT, prouvées allergisantes et désormais interdites dans les produits non rincés (et quasiment abandonnées par les industriels). « Il y a un travail drastique de la communauté scientifique sur le sujet. On étudie constamment le ratio bénéfice/risque », ajoute Isabelle Benoit. Anne Dux précise : « Les conservateurs autorisés sont dosés dans les produits à une concentration cent fois inférieure à celle produisant le moindre effet toxique. Ils constituent un risque, mais en aucun cas un danger. » Cela étant, certains leur reprochent aussi leur lente dégradation et la bioaccumulation possible dans l’organisme, augmentée par le fait que les conservateurs utilisés en cosmétiques sont aussi présents dans d’autres produits (médicaments, aliments…) et qu’il y aurait un risque de « surexposition » non prise en compte par les autorités sanitaires. Car les toxicologues certifient pour l’instant produit par produit. Comme le reconnaît le Dr Pirnay : « Il y a une difficulté de l’évaluation du risque. Nous évaluons l’exposition jour par jour et non sur toute une vie. C’est là l’avenir de la toxicologie. »

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